CLAUDE BUCHOT EST VITICULTEUR À MAYNAL DANS LE JURA.

Dans les années 70, il y avait un engouement dans le sud du Revermont pour reconstituer le vignoble qui avait été abandonné. J’avais 18 ans, c’était dans l’air du temps… »
Claude Buchot travaille alors dans l’exploitation agricole familiale. La conversion vers la viticulture se fait petit à petit. Ce n’est qu’en 2000 que le domaine se spécialise complètement.

Sans produits chimiques
Dès le départ, Claude Buchot se tourne vers la culture biologique. « En 1974, avec mon père, on a converti toute l’exploitation », témoigne le viticulteur de Maynal. Un cap pas facile à passer : « À l’époque, on était trois vignerons bio sur tout le Jura. Ça a été une réelle difficulté parce qu’il n’y avait pas de formation : on a appris par empirisme », témoigne Claude Buchot. Les viticulteurs échangent des conseils, visitent leurs exploitations. « Ça a créé une vraie force, alors que dans le même temps on subissait la vindicte populaire », raconte-t-il.
Claude Buchot n’utilise aucun produit chimique, ni pour la vinification, ni pour le travail de la vigne : « On travaille le sol, on laboure un rang sur deux et on fauche l’autre. Ensuite, on travaille la terre entre les ceps », explique-t-il. Depuis cinq ans, il emploie même la traction animale pour ces rangs de poulsard.
Aujourd’hui, il cultive six hectares de vigne en biodynamique. Les traitements de la vigne passent pour beaucoup par l’utilisation de plantes. « Je vinifie sans produit chimique et je vise l’abandon des sulfites », assure Claude Buchot.
Méthode traditionnelle
Le chardonnay et le savagnin sont élevés en fût de chêne, selon la méthode traditionnelle jurassienne : « l’élevage sous voile : je laisse l’évaporation naturelle se faire, sans compléter le tonneau », explique Claude Buchot.
Claude Buchot produit 25 000 bouteilles de vin par an. Il a choisi de rester sur un marché régional : 40 % de son vin est écoulé au caveau, 60 % via une trentaine de magasins (cavistes, épiceries fines, fromageries…) «Aujourd’hui, j’ai un commerce qui se fait tout seul, mais j’ai mis trente ans : j’ai dû gratter au début », confie le viticulteur.