Viticulture: un documentaire polémique prône le respect du consommateur

Viticulture: un documentaire polémique prône le respect du consommateur

De Laurent ABADIE (AFP) –

BORDEAUX — “L’esprit du vin, le réveil des terroirs”,
documentaire polémique de 92 minutes sur la viticulture en biodynamie bientôt sur les écrans, pourfend l’usage de la “chimie” dans la viticulture moderne en vantant le respect de l’environnement, de la vigne et du consommateur.
Diffusé en primeur aux professionnels en marge de Vinexpo, le Mondial du vin à Bordeaux du 19 au 23 juin, le documentaire est programmé dans diverses salles d’art et d’essai en attendant sa reprise par un distributeur.
L’écho mondial qu’avait sucité le film “Mondovino”, réalisé en 2004 par Jonathan Nossiter et qui pointait d’un humour corrosif l’industrialisation de la culture du vin, sera au moins équivalent, espèrent ses auteurs.
Mais “L’esprit du vin, le réveil des terroirs” devrait en sus alimenter une polémique car il touche non seulement au respect de l’environnement et à la santé publique, mais également à l’avenir de l’excellence française dans l’art du vignoble.
“Par leur simple existence, la viticulture bio et celle en biodynamie dénoncent les pratiques de l’agriculture conventionnelle et soulignent le désastre provoqué par les intrants sur les sols, sur les plantes, sur l’état sanitaire des grains de raisin donc sur le vin”, souligne Yvon Minvielle, co-auteur avec sa compagne Olympe, réalisatrice du documentaire. Tous deux sont également viticulteurs en biodynamie au château Lagarette à Camblanes-et-Meynac (Gironde).
Plutôt qu’un dossier à charge contre l’utilisation des herbicides, pesticides, engrais, levures aromatiques artificielles et autres techniques de chais employés par l’immense majorité des viticulteurs dits “traditionnels”, le parti pris retenu est une explication argumentée des pratiques naturelles usitées par ces partisans d’une viticulture respectueuse de la notion de terroir: un lieu, un goût.
Allant au-delà de la viticulture dite biologique, qui s’attache à remplacer les intrants chimiques par des intrants bio, la biodynamie s’apparente à de l’homéopathie préventive pour aider la plante à être vigoureuse et donc mieux se défendre contre les maladies.
Le viticulteur en biodynamie, sans apport extérieur, s’attache ensuite à révéler le goût spécifique du lieu duquel est issu le vin, révélé par la levure naturelle unique présente sur les grains de raisin.
A la rencontre de plusieurs membres du groupe Renaissance des AOC, qui fédère sur plusieurs continents des viticulteurs en biodynamie, le documentaire amène à découvrir ces philosophes praticiens et leur cheminement original dans le rapport qu’ils entretiennent avec la nature.
“La base de la biodynamie c’est de redynamiser la vie des sols pour que ça devienne un lieu attractif pour des tas d’insectes”, indique à l’image Philippe Gourdon, vigneron du château La tour grise dans la Loire. Puis Nicolas Joly, viticulteur de la Coulée de Serrant, près d’Angers, fustige le rôle “des levures aromatiques issues de manipulations génétiques” ajoutées dans le vin pour lui donner un goût qui “plaira au plus grand monde”.
“C’est une supercherie pour le consommateur qui a le droit de savoir si le goût de cassis, de poivre vert ou de fruit rouge dans son vin est le produit du lieu ou de la technologie”, s’emporte-t-il.
Et le goût ? Même David Ridgway, chef sommelier de la Tour d’argent, une des plus belle caves de France, dit qu’avec les vins en biodynamie “on a cette vibrance que l’on n’a peut-être pas avec des vins cultivés de façon chimique”.
Après avoir vu et bu les informations savamment distillées dans le film, l’on ne regarde plus son verre de vin, ni le producteur qui en est à l’origine, de la même façon.
(www.lespritduvin.org)

 

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VITISPHERE : Royaume-Uni : les vins naturels par leur plus fervent défenseur, Douglas Wregg

Au Royaume-Uni, Douglas Wregg est l’un des pionniers de la distribution des vins naturels, biologiques et biodynamiques, dont il est également le porte-parole passionné. Lors d’un entretien à la revue britannique Harper’s, il déclarait que « 60 à 80 % des vins naturels doivent être bus dans l’année, ensuite ces vins s’effondrent. La majorité de ces vins sont légers, pâles, frisants et ludiques. Ils sont destinés aux bars à vin plus qu’aux caves. Bien entendu il arrive qu’un miracle se passe en bouteille au bout de quelques années, mais je ne parierai pas ma chemise dessus. »
Douglas Wregg ajoute que les vins naturels ne sont pas pour lui réservés à une élite et sont potentiellement destinés au plus grand nombre. Cependant, il ne juge pas prioritaire la réglementation de l’utilisation du terme vin naturel, qui pourrait entraver la liberté créatrice des vignerons. Comme il le déclarait dans un communiqué : « ceux qui nous critiquent sont pourtant obnubilés par la sémantique. Ils nous disent que le vin naturel n’existe pas car aucun vin n’est fait spontanément par la nature. Il y a des millions de milliers de gestes qui séparent ce que j’appelle un vin naturel d’un vin fortement manipulé. Et il faut arrêter de stigmatiser les vignerons qui s’orientent vers la production de vins naturels. Les traiter de girouettes à la solde d’idéologues hippies est aussi insultant pour eux que pour le public qui s’intéresse de plus en plus en plus à ces produits. » Sommelier de formation, Douglas Wregg a rejoint les Caves de Pyrène en 1996, il est maintenant le dirigeant de cette entreprise d’importation et de distribution de vins. Du 20 au 22 mai il organise à Londres The Real Wine Fair, foire destinée aux vins naturels qui est concurrencée par le salon RAW d’Isabelle Legeron MW (20-21 mai). En 2011, le Natural Wine Fair avait regroupé à Londres 150 producteurs de vins naturels pour 2 000 visiteurs. Des dissensions au sein de l’organisation ont conduit à la création d’événements séparés. Douglas Wregg s’oppose en effet à l’interdiction absolue de l’utilisation de sulfites durant les vinifications des vins naturels, des circonstances exceptionnelles pouvant justifier un ajout. Chaque salon devrait accueillir de 120 à 150 vignerons.
http://www.vitisphere.com

VIVEZ NATURE

Seront présent au salon VIVEZ NATURE du 2 au 6 mai :
Domaine Georget La Brosse 37140 Bourgueil
Chateau Méric Chante L’Oiseau 33650 La Brède
Chateau les Minauderies 15 Les Allains 33820 Braud et Saint Louis

VIVEZ NATURE : Du 6 au 10 décembre

VIVEZ NATURE sera l’occasion d’aller boire des coups de bio à Paris.
Et pour ceux qui font tout un foin du Guide des vins bios, parce qu’il mélange bio et pas bio,(c’est pas bô !), ce sera l’occasion de débattre avec un des auteurs : Julien Fouin, journaliste au mensuel Santé Magazine, le jeudi 6 décembre à 13 heures.

Seront présents les vignerons suivants :

Champagne Fleury Jean-Pierre Fleury 43 Grande Rue 10250 Courteron Tél. : 03 25 38 20 28 Fax : 03 25 38 24 65 http://www.champagne-fleury.fr Champagnes : Brut Tradition, Brut Rosé, Brut Millésimé 1996.

Château Gerome du Haut Pontet Jean-Paul Gerome Le Pontet 24230 Velines Tél. – Fax : 05 53 27 55 63 Vins : Bergarac rouge, rosé, Haut-Montravel, Montravel sec, Méthode Traditionnelle.

Château les Minauderies Annick et Claudy Juet 15 les Allains 33820 Braud et Saint Louis Tél. – Fax : 05 57 32 77 33 Vins AOC 1re Côtes de Blaye rouge, Bordeaux rosé, Bordeaux blanc.

Domaine des Allants Hervé Meynard 102 Le Bourg 33920 Saint Vivien de Blaye Tél. : 05 57 42 58 75 Fax : 05 57 42 56 39 Viticulteurs : Bordeaux blanc, 1re Côtes de Blaye rouge.

Weber (Gaec) Odile et Danielle Weber 14 rue de Colmar 68420 Eguisheim Tél. – Fax : 03 89 41 35 56 Vins d’Alsace, Crémant d’Alsace, Grand Cru Pfersigbert, Vendange Tardive.

Brasserie du Canardou Jean-Yves Jego La Plante 24610 Villefranche de Lonchat Tél. – Fax : 05 53 80 55 54 Brassage de bières artisanales à l’ancienne : La Dame Blanche, Félibrée, Karlène, Triple Grain, A l’Aven.


Vont'y faire du gros bio ?

La maison de négoce en vin Raphaël Michel annonce l’acquisition de trois domaines dans la vallée du Rhône : le Domaine de la Canarde (5,5 hectares, classé Cru des Côtes du Rhône depuis 2006) situé sur la commune de Vinsobres (Drôme provençale), le Domaine Les Bourdeaux (10 hectares, 300 hls de Côtes du Rhône Village bio.) à Visan et le Domaine Bellencontre (12 hectares, 450 hls d’AOC Côtes du Rhône régional) à Suze la Rousse (Drôme provençale).

Domaine Les Bourdeaux
Le Domaine les Bourdeaux se situe dans le village historique de Visan, au cœur de l’Enclave des Papes. Situé sur des sols argilo calcaires, caillouteux, le vignoble d’environ 10 hectares est valorisé par une exposition sud et influencé par le mistral. Les cépages Grenache, Cinsault, Syrah affirment ainsi toute leur puissance. Le domaine s’est donné comme ligne de conduite la volonté d’authenticité avec des récoltes à la main et le respect de l’environnement avec une Agriculture Biologique sans engrais ni produits chimiques. C’est cette harmonie d’éléments qui favorise l’accomplissement d’un Côtes du Rhône Village Visan Bio structuré et capiteux. La récolte 2010 s’élèverait à 300 hls.’

VOTATION

Vendredi 25 novembre, les principaux partis politiques (hors le Front National) étaient invités au colloque de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB). Devant un grand amphi plein à craquer et très demandeur, force est de constater que les réponses apportées ont été passablement vagues et décevantes.
UMP : le bio intensif
Antoine Herth, secrétaire national Agriculture UMP a tout de suite prévenu : “Notre candidat ne s’est pas encore déclaré. Nous venons ici pour entendre ce qui doit être amélioré ou renforcé”. Et Antoine Herth avait beau jeu de rappeler à ses contradicteurs que c’est sous le quinquennat Sarkozy que le Grenelle de l’Environnement a été lancé.
Et que s’agissant de l’agriculture bio, les promesses avaient été tenues : “Fixation d’un objectif de 20% de la surface agricole utile en 2020, intégration par l’Institut national de la recherche agronomique d’un plan de recherche sur l’Agrobiologie, et réduction des produits phytosanitaires de moitié”.
Il y aurait beaucoup à dire sur le respect du calendrier, mais force est de constater une incontestable dynamique, et que les aides spécifiques pour ce secteur n’ont pas diminué. “Dans ma région, en Alsace, 50% du chiffre d’affaires de la viticulture à l’export est du au Bio !”, martelait Antoine Herth.
Modem : le bio high-tech
Face à ce bilan, Marc Fesneau du Modem insistait, lui, sur la nécessité de donner une image “haute technologie” de l’agriculture biologique, en développant la recherche et l’innovation, et de s’appuyer sur le boom de la demande pour favoriser l’installation de jeunes agriculteurs alors que les exploitants conventionnels disparaissent à vitesse accélérée. Intéressant mais pas non plus bouleversant.
Front de Gauche : le bio protectionniste
Le plus tranchant et sans doute le mieux préparé fut Laurent Levrard, du Front de Gauche. Il a très justement rappelé que la “transition écologique de l’agriculture” ne concernait pas les seuls futurs 20% de la culture et de l’élevage mais aussi les 80% restant. Il a insisté sur la nécessaire indépendance protéique à reconquérir en s’affranchissant des importations de soja du Brésil.
Bien, mais la vraie réforme à ses yeux, c’est d’introduire une clause privilégiant le circuit court dans le code des marchés. Pas seulement pour les produits extra communautaires qui peuvent alimenter la restauration collective – pour la goyave, difficile de faire autrement- mais aussi intra communautaires. Bref, une conception ultra protectionniste qui romprait net avec la “libre concurrence non faussée” et avec “le traité de Lisbonne”.
Inquiétant tout de même. Car si la réforme du code des marchés est aussi radicale, il y a fort à parier que nos voisins adopteront la même méthode pour protéger leurs productions nationales au nom du local. Pour les Amap (Associations pour le maintien de l’agriculture biologique), ca serait top. Pour les producteurs de vin ou de produits fabriqués bio, ce serait moins flambant. L’horizon agricole français doit-il être vivrier ?
EE-LV et PS : le bio flou
Donc on attendait Europe-Ecologie-Les Verts et le PS avec impatience. D’autant que les deux formations viennent de signer un accord de gouvernement où le chapitre sur l’agriculture est particulièrement innovant.
Est-ce la brouille autour d’Eva Joly ? Est-ce le sentiment que de toute manière, ils étaient devant un public acquis ? Ou encore que le lieu n’était pas propice pour afficher des divisions ? Toujours est-il que ni Stéphane Le Foll (PS), ni Pascal Durand (EE-LV) n’ont évoqué leur programme commun.
L’un et l’autre en sont restés aux généralités. “On parle de Politique agricole commune (PAC), mais y aura-t-il encore une PAC dans les mois qui viennent ?”, lançait Stéphane Le Foll très pessimiste. “Il faut rester dans le cadre européen et ne pas s’en remettre au grand soir”, disait Pascal Durand pour tacler le Front de Gauche qui concurrence dangereusement les écologistes dans les sondages.
On a tout de même vaguement appris que Stéphane Le Foll était favorable au développement de l’exploitation agricole collective. Ce qui a sûrement dû bluffer les agriculteurs présents, qui sont pour la plupart en Groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC).
Et Pascal Durand a laissé entendre qu’il n’y avait qu’une seule agriculture conforme à l’éthique et que c’était le bio. C’est ce qu’on appelle un propos labellisé. Moralité, la FNAB a raison de compter d’abord sur ses propres forces.
Guillaume Malaurie – Le Nouvel Observateur

Vous avez interviewé Robert Perroud, vigneron en Beaujolais

http://www.20minutes.fr/article/996793/interviewe-robert-perroud-vigneron-beaujolais

vos questions sur le métier de vigneron…

Le chat est terminé

 

Merci pour toutes vos questions! Je vois que le monde du vin suscite bien des interrogations. N’hésitez pas à rendre visite aux vignerons, vous pourrez découvrir les hommes qui se cachent derrière le vin, mais aussi l’univers qui les entourent. Le Beaujolais est une région mal connue.  Connue mondialement par son Beaujolais nouveau mais il faut aussi découvrir ses Beaujolais et  Beaujolais-villages, ses rosés, ses blancs (100% chardonnay) et aussi ses 10 crus. Pour ma part, je suis producteur de Beaujolais, Beaujolais-villages, et de deux crus: Côte-de-Brouilly et Brouilly, ainsi que des Bourgognes blancs. Et oui, La région du Beaujolais est située en Bourgogne. Vous pouvez en savoir sur le site internet de mon domaine: www.robert-perroud.com et également sur le groupement de vignerons artisans et indépendants que j’ai créé en 1997: www.terroirs-originels.com.

onestousdanslememepanier: Le bio est-il vraiment bio comme on le pense?
La certification AB est une garantie. Il y a aussi des vignerons qui ne demandent pas l’agrément AB mais qui font le même travail. Le mieux, c’est de rencontrer le vigneron, d’aller chez lui et vous verrez de vos yeux comment il travaille (Les oreilles ne suffisent pas…).

Pierre, par email: J’ai eu l’occasion de vous rencontrer dans votre entrepôt un vendredi soir, l’an dernier. J’ai eu un très bon accueil malgré l’heure tardive (19h30). Vous m’avez fait découvrir vos vins, de magnifiques 2009, qui m’incitent dorénavant à suivre les crus du Beaujolais. Merci!
Merci à vous, je vois que vous êtes déjà devenu un super ambassadeur de mon domaine! A bientôt dans ma cave, un verre à la main …

Christophe: Le vin n’est pas un produit comme les autres. Il ne s’agit pas non plus d’un alcool comme les autres. Pourtant l’environnement réglementaire sclérose totalement la communication autour du vin. Comment faites-vous pour communiquer, présenter vos vins, faire la promotion de votre production? Quelles sont les solutions qui pourraient vous aider?
C’est une bonne question, comme dirait nos chers hommes politiques! Ces derniers ont pondu des lois qui nous emm….  au quotidien! Heureusement, en dehors de la France, c’est beaucoup plus simple. Les vignerons ne produisent pas du vin pour être des vendeurs de malheurs! Nous sommes pour une consommation modérée. Si on pouvait communiquer, on pourrait également l’expliquer. Nous sommes dans notre cher pays les plus gros consommateurs d’antidépresseurs. Pourtant un bon vin vaut un bon médecin! La joie de vivre, autour d’une bonne bouteille, est tout le temps au rendez-vous, c’est peut-être ça la solution pour relancer la croissance!

ados: Pourquoi vous êtes-vous installé dans le Beaujolais? Par choix ou par héritage?
Je suis vigneron de père en fils depuis au moins sept génération. Je suis tombé dans le Brouilly quand j’étais petit. J’aime ma région, elle est merveilleuse, et je me bats au quotidien pour la faire connaitre. S’y installer aujourd’hui est vraiment très difficile. Il faut beaucoup de trésorerie pour commencer, trouver des vignes. Par ailleurs, le métier ne s’apprend pas que dans les livres… Les secrets confiés de père en fils font souvent la différence!

Awake: Bonjour, les vignes du Beaujolais sont-elles touchées par l’Esca (maladie de la vigne)? Quel est le pourcentage de vos ventes en France comparé à vos exportations?
L’Esca est une maladie qui touche aussi notre région mais la taille gobelet (utilisée encore beaucoup) est une taille qui rend le cep moins sensible à ce champignon. 80% de mes ventes se réalisent en FRANCE, 20% en export (USA, Europe et Japon).

Philippe, par email: Regardez-vous «L’amour est dans le pré»? Quelles sont vos impressions sur cette émission?
Désolé, je ne regarde pas cette émission.

Lasagne21, par email: Dans l’esprit des gens, bio rime avec écolo mais j’ai entendu dire qu’en réalité, utiliser du cuivre à outrance dans les vignes, plutôt que d’employer un traitement chimique à une dose raisonnable peut être aussi nocif. Quelle est votre opinion sur le sujet?
Ce serait vrai si l’on mettait de grosses doses de cuivre à l’hectare. Cependant, le vigneron bio est à l’écoute de la nature et utilise le cuivre à dose homéopathique pour combattre le mildiou. Les doses utilisées sont dans le cahier des charges des vignes en bio. Par ailleurs, ces doses sont contrôlées annuellement par les organismes. Le AB en viticulture est un label très contrôlé et très fiable.

David, par email: Qui dit peu de quantité dit grande qualité. Pensez-vous que le millésime 2012 sera au rendez-vous?
C’est tout à fait vrai. Pour que le raisin arrive à bonne maturité, il faut du soleil. Plus il y a de raisins, plus il faut des rayons de soleil. Donc quand il y  a peu de raisins, quelques rayons suffisent. C’est plus facile à obtenir de dame Nature! Le Millésime 2011 a été très ensoleillé, la récolte fut normale mais le vin est un grand millésime!

David, par email: Un article, il y a quelques semaines, traitait du rachat d’un domaine viticole par un Chinois. Pensez-vous que ce phénomène est amené à se répéter? Quels dangers pour le vin français?
Beaucoup de grands domaines partent dans les mains d’étranger depuis plusieurs décennies. Il y a un avantage. Prenons l’exemple de cet acheteur chinois, il va faire la promotion de son vin dans son pays et apparemment, il a de très gros moyens. Après, le problème c’est que les vignerons du terroir ne peuvent plus s’acheter leur outil de travail.

Torgniolle: Combien gagnez-vous sur une bonne année, et sur une année exceptionnelle?
Le revenu mensuel peut aller de -3.500€ par mois à +3.500€ par mois pour 35 heures par semaine de sommeil! Ce n’est pas un métier mais une passion. Je me considère vraiment comme un privilégié!

Hommechat: Est-ce que le métier de vigneron oblige à l’endettement?
Il faut énormément de matériel pour travailler et le foncier est très cher. Les prêts sont faits à partir d’un rendement moyen, mais si deux ou trois années de suite la nature se déchaine, l’agriculteur est vite en difficulté.

David, par email: Comment qualifieriez-vous la vendange de cette année? Qu’est-ce qui fait qu’une année va être bonne ou pas?
2012 est le type d’année que l’on aime! La météo a été très capricieuse et le vigneron, depuis le mois d’avril, n’a eu aucun repos. Les vignes, qui ont été bien dorlotées, ont actuellement de beaux raisins, mais pas très nombreux. C’est une récolte qui sera faible en quantité… Pour la qualité il faudra attendre encore trois semaines. Le vigneron que je suis est optimiste. Dans mon domaine, on commence les vendanges le jeudi 13 septembre.

Mederic33: Le Beaujolais nouveau c’est la «Lada» du vin. Ca ressemble à un vin, ça sent le vin mais ce n’est pas du vin… Qu’en pensez-vous?
Le Beaujolais nouveau est une réussite commerciale que beaucoup de régions nous envient. Quarante millions de bouteilles sont commercialisées et bues en trois jours dans le monde. En France, on aime bien « tirer » sur ce qui fonctionne bien. Le Beaujolais provient du cépage Gamay. Celui-ci donne naturellement des vins fruités. C’est en fait le premier vin rouge consommable de l’année. Le concept est également intéressant : se retrouver entre amis en toute simplicité avec une assiette de charcuterie et un vin rouge gourmand qui rappelle la corbeille de fruits du printemps alors que l’on est fin novembre dans le brouillard. C’est un plaisir à partager. Le Beaujolais nouveau est un vin très difficile à faire. Il faut de la finesse, de la légèreté. Le vigneron travaille avec un seul cépage (il n’y a aucun assemblage), c’est vraiment de la haute couture. Si vous n’avez jamais dégusté de bon Beaujolais nouveau, je vous laisse mon adresse!

Babiroussa: Vivre du vin est-il plus compliqué aujourd’hui qu’avant, avec la concurrence étrangère et la baisse de la consommation?
Comme toute production, il faut se battre pour garder ou conquérir des marchés. Il est vrai que la concurrence des vins du «nouveau monde» est ressentie. Leurs techniques de vente sont beaucoup plus affinées que les nôtres. Cependant, le vin à la française est encore très demandé. La baisse de consommation est vraie dans certains pays, comme la France, mais elle a tendance à augmenter dans plusieurs pays (USA, Chine etc.).

Babiroussa: Que pensez-vous de la nouvelle réglementation sur le vin bio? Le bio est l’avenir du vin?
Comme toute réglementation, elle n’est pas parfaite. Mais elle a le mérite d’être là pour la mise en place de la production du vin bio. Le bio dans le monde du vin, comme dans le monde de l’agriculture, mérite d’exister. C’est avant tout une philosophie, qui montre aussi le chemin d’une agriculture plus raisonnée. Mais il faut savoir qu’à l’heure actuelle, l’agriculture bio ne pourrait nourrir le monde! J’ai deux exploitations viticoles, l’une en bio, l’autre en viticulture raisonnée. Avec celle en bio, j’ai encore quelques soucis de rentabilité, surtout avec une année comme 2012, qui a été compliquée au niveau de la météo.

 

VU SUR LE NET : MERCI DE NE PAS CRACHER PHILIPPE !!

QUAND PHILIPPE GILBERT (MENETOU-SALON) PARLE DE SON CHOIX POUR LA BIODYNAMIE …
Bourges. « Dans la biodynamie, tout fait sens » explique Philippe Gilbert dans un entretien avec le journaliste Guillaume Bellavoine pour le Berry républicain. Le vigneron de Menetou-Salon, diplômé de l’école de commerce de Lyon, jadis auteur de pièces de théâtre, amoureux de Tchekhov, a également fait l’objet d’un joli portrait pour le supplément “Vin” de Libération. Après quelques années passées en Russie, il a repris le domaine familial de Menetou en 1998 et a choisi la biodynamie en 2007. Il a participé dimanche, au premier salon des vins “bios” de Bourges.
Dans l’interview donnée au quotidien du Cher samedi, Philippe Gilbert commence par définir la biodynamie: « Cela part du constat de grands fermiers du début du XXème siècle que les produits de la terre ont de moins en moins de goût et perdent leurs caractéristiques vitales, comme par exemple la disparition du magnésium dans le blé. Ils interrogent donc Rudolf Steiner, un penseur allemand, qui donne le départ à la biodynamie dans une conférence en 1924. Il dit que le vivant communique, qu’il n’y a pas de rupture, pas d’étanchéité dans le monde. Si on met un produit chimique dans un sol, on tue les bactéries qui nourrissent ce sol, qui lui-même nourrit les racines. On appauvrit ainsi la plante et l’ensemble du vivant, et notamment ceux qui se nourrissent. Steiner nous dit aussi que l’ensemble du monde végétal est en relation avec le cosmos, notamment par l’influence de la Lune.»
« Peut-on dire que la biodynamie consiste à laisser la terre se débrouiller toute seule ?» lui demande ensuite le journaliste. La réponse: « Ce n’est pas tout à fait ça. Un jardin dans lequel il n’y a pas d’intervention humaine, vous m’en direz des nouvelles ! Ce que nous proclamons, c’est que la chimie de synthèse est allée trop loin, en appauvrissant les sols et les plantes. Mais c’est vrai qu’il faut laisser faire la nature. Par exemple, s’il manque du fer dans le sol, la première réaction qu’on a est de passer du fer sur la vigne. C’est une très grave erreur : on dit ainsi à la vigne de ne pas chercher plus loin dans le sol le fer dont elle a besoin, et trouver aussi des oligo-éléments ou du magnésium, et véritablement se renforcer. C’est ça la biodynamie : ne pas rien faire mais réfléchir sur le long terme.»
« L’uniformisation des goûts est une des raisons de l’éclosion de la biodynamie » propose Guillaume Bellavoine. La réponse: « Exact. En tant que vigneron, ce qui m’intéresse est que les vins rendent compte le mieux possible du terroir. Et le terroir ne s’exprime pas à cinquante centimètres du sol, mais sur trois, quatre ou cinq mètres, il faut donc que les racines plongent.» Philippe Gilbert raconte ensuite comment il s’est décidé pour la biodynamie en 2007: « En dégustant des vins issus de la biodynamie. Ce sont des vins droits, précis, verticaux, qui ne racontent pas d’histoires. Ils ne s’expriment pas immédiatement. C’est comme en amitié. Quand on fait Erasmus en Espagne, ça fait à peine trois minutes qu’on est dans une soirée qu’on vous tape dans le dos, qu’on vous appelle “chiquito”. Mais le lendemain, on ne se connaît pas. Par contre, quand vous allez dans des pays comme le Berry, on ne vous tape pas dans le dos tout de suite. Mais quand on vous confie son amitié, c’est du solide. C’est ce qui m’intéresse aussi dans les vins issus de la biodynamie. Ils sont moins faciles d’accès, moins immédiat, mais plus complexes, plus profonds. Ça nous emmène plus haut et plus bas, c’est ça la verticalité.»
L’entretien se termine par les trois questions/réponses suivantes.
– Mais par rapport aux autres vignerons de Menetou-Salon, quelle est la différence ? On ne va pas sentir le terroir chez eux ? – Très sincèrement, le terroir, on va le retrouver chez de très nombreux collègues de l’appellation. Je ne pense avoir trouvé la formule magique. Je propose simplement de réveiller le terroir à travers le prisme de la biodynamie, en pensant que c’est la meilleure façon de le faire.
– Passer à la biodynamie vous a-t-il obligé à augmenter le coût des bouteilles ?
– Oui et il faut que le consommateur le comprenne. Comme nous n’utilisons plus la chimie de synthèse, nous n’avons plus les rendements qu’elle garantit. Pendant trois ans, j’ai perdu une récolte et j’ai été obligé d’augmenter le prix des bouteilles pour cette raison.
Mais si une chimie de synthèse est la dernière solution pour sauver des vignes, vous n’allez pas l’utiliser ?
Si elle est utilisée à bon escient, je l’utilise. Je ne crache pas sur le progrès, je pense que l’homme doit continuer de chercher, mais dans une idée de communion avec la nature, pas contre elle. Et il faut essayer de savoir si cette chimie de synthèse ne fabrique pas de leucémies chez les enfants dix ans plus tard. Mon boulot, c’est de faire du vin, pas de tuer les gens.
(Sur la photo de Cécil Mathieu, Philippe Gilbert, à droite, et Jean-Philippe Louis, l’œnologue du Domaine Philippe Gilbert, quinze hectares de pinot noir et treize de sauvignon, certifié bio en 2006, en biodynamie en 2007, avec label AB obtenu en 2009. Production annuelle: dans les cent vingt mille bouteilles)

www.bioactualites.ch

Le Johanniter bio de Reynald Parmelin a été primé meilleur vin bio de l’année

Reynald Parmelin avec sa femme et ses parents lors de la remise des prix

(19.11.09) Seyval blanc, Régent, Léon Millot, Solaris, Johanniter… : ces cépages relativement nouveaux ont une bonne tolérance aux principales maladies fongiques, mais ils sont jusqu’à aujourd’hui peu cultivés en Suisse romande. Reynald Parmelin, vigneron-encaveur à Begnins VD, fait exception : il cultive depuis quelques années du Johanniter et vient de gagner le « Prix Bio Suisse » avec son Johanniter 2008, dans le cadre du Grand prix 2009 des vins suisses.

Il lui a fallu un certain temps pour arriver à maîtriser aussi bien la culture que la vinification de ce raisin : sa maturité précoce et sa sensibilité à la pourriture grise nécessitent une vendange souvent précoce ; sa tendance à une certaine amertume nécessite des adaptations au niveau de la vinification. Mis à part cela, Reynald Parmelin est pleinement satisfait de la bonne tenue au mildiou et à l’oïdium du Johanniter. Et le millésime 2008 est un franc succès : « Quand on le goûte, on reconnaît bien le côté aromatique du Riesling, la puissance du Pinot gris, la fraîcheur du Chasselas et l’amertume positive du Seyve-Villard », affirme-t-il dans « 24 Heures » du 24.10.2009.

Les quatre cépages mentionnés sont ceux qui ont été croisés entre eux pour obtenir le Johanniter. Avant de reprendre le domaine qu’il exploite, Reynald Parmelin était enseignant à la Haute école spécialisée de Changins, filière œnologique. De cette époque, il a gardé la passion de l’expérimentation, qui lui a fait planter sur de petites surfaces une dizaine de nouveaux cépages tolérants aux maladies fongiques, dits « interspécifiques ». Ceux-ci sont examinés au vignoble et vinifiés séparément en vue d’obtenir des produits de nouvelles saveurs.

Lors du Grand prix 2009, Reynald Parmelin a également gagné un 4ème prix dans la catégorie Assemblages blanc avec sa « Réserve gastronomique » constituée à partir de 4 cépages blancs. « Avec un vin bio, il est donc possible d’être aussi bon, voire meilleur qu’avec un vin non bio, contenant des résidus de produits phytosanitaires chimiques », conclut-il.

L’Institut de recherches de l’agriculture biologique (FiBL) complimente Reynald Parmelin pour ses succès.

Pour en savoir plus sur les vins à Reynald Parmelin : www.lacapitaine.ch

Y a-t-il oui ou non des résidus de pesticides dans le vin ?

Forum organisé par Biodynamic Wine Galaxy conçu et animé par Yvon Minvielle le 29 juin 2010 de 16h à 19h à l’ENGREF, 19 Avenue du Maine 75015 Paris
Contact : 01 43 06 76 98
De quoi s’agit-il ?
De remettre au travail la question de la présence de résidus de pesticides dans les vins français y compris chez les plus grandes étiquettes de vins conventionnels, avec la contribution de praticiens chevronnés de la vigne et du vin et les meilleurs experts.
Cette question : « oui ou non y a-t-il des résidus de pesticides dans les vins ? » ainsi que les réponses qui lui sont apportées divisent les acteurs de la filière. Elle fait ressortir, à partir des analyses fournies que les vins en bio et biodynamie portent très peu voire pas du tout des traces de résidus de pesticides.
Les conventionnels, eux, ont du mal à échapper au constat qui témoigne de la présence de résidus de pesticides dans leur vin. Il est à notre sens important que les acteurs de la filière et les consommateurs gourmets puissent se faire une idée aussi complète que possible du problème et des réponses qui lui sont apportées. Il y va de notre santé à tous mais aussi du devenir de notre production Viti vinicole française qui semble-t-il ne prend pas suffisamment la mesure de la vague mondiale de demande de produits sains et intègres qui est adressée aux producteurs de nourriture en général et aux vignerons en particulier.
Quels Intervenants ?
Nicolas Joly vigneron (Coulée de Serrant) fondateur de Renaissance des Appellations,
Pierre Veillerette porte parole du MDRGF,
Jean-Charles Bocquet président de l’UIPP (sous réserve),
– les auteurs et contributeurs du rapport « Pesticides et santé»,
Philippe Gourdon, Mark Angeli viticulteurs en bio et biodynamie,
Dominique Techer président du CIVAM Bio d’Aquitaine et viticulteur (Gombaude Guillot).
Dominique Belpomme Professeur et cancérologue (sous réserve),
Yvon Minvielle sociologue et viticulteur, (Chateau Lagarette) animateur du forum

://www.biody-galaxy.com/vins-et-pesticides/

YVONNE HÉGOBURU, LA MÉDAILLÉE D'OR DU JURANCON

Jurançon Blanc 2007, Cuvée de Marie Kattalin, Domaine de Souch. Concours national des vins bios 2010
Présentation du domaine : En 1776, Jean de Souch était le « syndic des éleveurs de treilles ». La tradition n’est donc pas mise à l’écart, elle serait même le flambeau du Domaine de Souch (6.50 ha)depuis sa création en 1987, par Yvonne Hégoburu, qui à 60 ans, pour rendre hommage à son mari, et que perdure le souvenir de l’homme aimé, s’est lancée dans l’aventure « vigneronne ». A 6 km de Pau, sur les coteaux du vignoble de Jurançon, le domaine s’offre en toile de fond le Pic du Midi d’Ossau. Il nous rappelle ainsi toute l’humilité que l’on doit à la Nature, à sa préservation, comme à sa commémoration, dans l’acception bio-logique (et bio-éthique) du terme. C’est dans ce sens que la culture de la vigne est conduite depuis 20 ans, en « mode » biologique et en bio-dynamie depuis 1994. Yvonne Hégoburu, porte en elle, la même attention que celle portée à ses vignes et aux vins qu’elles distillent. Son mode de vie est en adéquation avec son « biotope » et c’est pourquoi, lorsqu’on la rencontre, elle respire et irradie de vie, de curiosité, de dynamisme et d’ouverture…à 80 ans ! Cette énergie, vivace et semble-t-il intarissable, se retrouve dans ces vins, et cette synergie triangulaire (vigne/vigneron/vin) se diffuse en quelque sorte, à qui s’approchera de l’un de ses 3 pôles…pour le meilleur et pour….le meilleur ! En souhaitant que cela vous arrive souvent !
La contre-étiquette

“Cette propriéte constitue une parfaite illustration de la viticulture biodynamique en Jurançon, et produit des vins de haute qualité sous cette impulsion. La travail rigoureux à la vigne (plantée à 300 métres d’altitude) est relayé par des tries précises à la récolte et une vinification soignée, donnant un résultat sans faille. Les amateurs de grands blancs seront comblés avec cette production très racée.

Le Juraçon moelleux 2005 ets une grande réussite. Il est l’archétype du Jurançon de plaisir, digeste, fin et tout en fraicheur; un vin remarquable d’équilibre et de fruits, d’une grande précision aromatique. A l’inverse, la célèbre cuvée Marie Kattalin est un monstre de richesse et de concentration. La truffe blanche, l’ananas, les fruits confis et les épices se développent à l’air. Le vin exprime sa richesse naturelle dans un équilibre impressionnant, sans aucune lourdeur.
cave privée

« 60 millions de consommateurs »

Les viticulteurs utilisent nombre de pesticides pour lutter contre les maladies de la vigne. Ces polluants se retrouvent-ils dans nos verres ? 60 Millions révèle les résultats des analyses effectuées sur 52 vins, bios et non bios.

On choisit un vin pour sa saveur mais aussi pour son image, sa présentation… et, de plus en plus, pour sa “propreté”. En témoigne l’envol des vins bio, supposés exempts de résidus de polluants Les viticulteurs ont en effet recours à de nombreux fongicides et pesticides pour lutter contre les maladies de la vigne. Mais retrouve-t-on les traces de ces polluants jusque dans nos verres ? Et si oui, à quelle hauteur ? 60 Millions a décidé d’évaluer cette contamination dans 52 vins rouges et blancs, conventionnels et biologiques, issus de France mais aussi d’autres pays.
29 substances actives recherchées dans 52 vins
Nous avons défini une liste de 29 substances à rechercher en priorité. Les deux tiers environ servent à combattre les champignons du raisin : mildiou, botrytis (responsable de la pourriture grise) et oïdium. Rappelons que le mildiou et l’oïdium sont les champignons les plus redoutés et donc les plus combattus chimiquement, surtout les années de forte pluviosité. Les autres molécules recherchées sont des insecticides, notamment six dirigés contre les tordeuses, des chenilles parasites. Enfin, nous avons ajouté à la liste l’ochratoxine A, une mycotoxine susceptible de se développer sur le raisin et potentiellement toxique pour l’homme.
A quand une limite maximale de résidus pour le vin ? Résultats de nos analyses : tous les vins issus de la viticulture conventionnelle contiennent des traces de pesticides, heureusement à des doses souvent faibles.
Alors que la viticulture est le secteur agricole qui utilise le plus de pesticides (20 % de la quantité totale appliquée en France), il n’existe paradoxalement pas de limites maximales de résidus (LMR) pour le vin mais seulement pour les raisins de cuve. Pourtant, au vu de nos résultats, imposer ces LMR au produit fini paraît indispensable.
Des polluants trop faibles pour remettre la certification en cause Plus étonnant, on retrouve des résidus de pesticides même dans des vins « issus de raisins certifiés biologiques ». Sur onze vins bios étudiés, seuls deux ne contenaient aucun des polluants recherchés. L’un d’entre eux contient même jusqu’à treize molécules différentes ! Les professionnels expliquent que ces traces de polluants sont liés à des contaminations accidentelles, les parcelles bio étant proches des conventionnelles qui utilisent des produits phytosanitaires. Certes, les très faibles quantités retrouvées ne remettent pas en cause la certification bio, mais le consommateur, lui, est en droit d’attendre un vin irréprochable.
Enfin, le nombre de molécules différentes nous interpelle sur la pollution de l’environnement. Sans compter qu’on ignore l’impact sanitaire lié aux éventuels “cocktails” de molécules.
Patricia Chairopoulos

«Résistance Naturelle»: pour une insurrection des papilles

Lu sur Mediapart …

Présentation initiale du film (Giovanna Tiezzi – photogramme de Résistance Naturelle)

C’est un film vif, simple, naturel, à l’image du « Secondo di Pacina », le vin jeune de Giovanna Tiezzi.

Resistance NationaleRésistance Naturelle, le nouveau film de Jonathan Nossiter sur le vin – dix ans après Mondovino -relève d’une simplicité que seule l’expérience permet d’atteindre. Fruit d’une longue méditation esthétique et d’un engagement personnel, il est sorti tout seul, l’été dernier, sans crier gare, comme un éclat de rire collectif, moqueur et généreux… Et puis il a mûri, s’est bonifié au montage et a vite trouvé des distributeurs en France et en Italie ainsi qu’une place au dernier festival de Berlin. Une éclosion spontanée rare dans le contexte économique actuel. Une bulle d’audace et de liberté dans un monde de contrôle et d’austérité.

Résistance Naturelle est né des levures indigènes de l’amitié que partage le cinéaste avec des vignerons naturels italiens – Corrado Dottori et sa compagne Valeria Bochi (La Distesa-Marches), Giovanna Tiezzi et son mari Stefano Borsa (Pacina-Toscane), Elena Pantaleoni (La Stoppa-Emilie-Romagne) et le sage Stefano Bellotti (Cascina degli ulivi-Piémont). Ils étaient réunis autour d’une table à Pacina chez Giovanna Tiezzi (Castelnovo Berardenga – Toscane). Il y avait aussi un autre ami du cinéaste, Gian Luca Farinelli, le directeur de la cinémathèque de Bologne.

Les premiers font du vin naturel, sans additif chimique, puisant dans la tradition sans négliger les connaissances scientifiques les plus récentes. Le second restaure des films du patrimoine et promeut leur diffusion en salle, dans le but de le transmettre aux jeunes générations, mais sans négliger les technologies les plus pointues. Pour chacun d’eux, et c’est la grande finesse du film, la connaissance du passé ne s’oppose pas au progrès, elle le cadre, lui ouvre des champs nouveaux, l’enracine. L’autre nuance qui nous dessine des perspectives fécondes est d’affirmer qu’ils oeuvrent tous dans le même domaine, celui de la culture. La culture telle que la considèrent les dictionnaires du XVI ème siècle, qui ne séparent pas encore en deux définitions distinctes le travail de la terre au sens propre et le travail des Lettres, arts et sciences, au sens figuré. Artisan comme artiste, chacun travaille sa terre, son sol, sa racine… pour en extraire le plus beau fruit et faire son vin, film, poème, sculpture…

Photo du tournage de Résistance naturelle, Jonathan Nossiter, Giovanna Tiezzi, Valeria Bochi (photo Paula Prandini)
Photo du tournage de Résistance naturelle, Jonathan Nossiter, Giovanna Tiezzi, Valeria Bochi (photo Paula Prandini)

Ainsi, selon le cinéaste, il ne saurait y avoir d’écologie environne- mentale en dehors d’une plus large écologie de la culture.

La suite sur Mediapart …