Le Tres Hombres, brigantine de 35 m sans moteur, est en escale à Douarnenez jusqu’à vendredi.
Véritable cargo à voiles, le navire a embarqué, mercredi, du vin d’Anjou. Deux barriques en bois de 225 litres de .
Ce bateau est affrêté par l’entreprise brestoise Towt (pour Transocéanic Wind Transport), une compagnie de transport de marchandises à la voile, de labellisation de transports propres et de promotion des produits transportés à la voile.
Quatre cents litres de vin bio d’Anjou ont été embarqués hier à bord du Tres Hombres. Vendredi, la brigantine hollandaise partira pour un tour de l’Océan atlantique… à la voile !
Douarnenez et le Rosmeur
En rigolant, il a parlé de « Tante Suzie, de son prénom d’arrière-grand-mère Eudoxie » et de « Tante Madie », sa grand-mère Madeleine : Guillaume Le Grand a vécu quelques souvenirs d’enfance « entre le Rosmeur et la rue Duguay-Trouin ». Modeste : « Ça ne fait pas de moi un Penn Sardin », le jeune chef d’entreprise est très heureux de revenir à Douarnenez.
En 2009, ce jeune trentenaire, formé aux sciences politiques à Lyon, diplômé en relations internationales et en économie du développement durable, de l’énergie et de l’environnement, a créé Trans oceanic wind transport (Towt), compagnie brestoise de transport de marchandises à la voile et de labellisation de transports propres.
Mercredi matin, il embarque aux côtés de Stéphane Le Dars et de Jean-François Losq, marins du remorqueur Ville d’Ys… et de deux tonneaux de 225 litres d’un vin d’Anjou, du vieilles vignes 2011, un cabernet franc biodynamique. Quelques minutes plus tard, ils abordent avec précautions le Tres Hombres, impressionnante brigantine hollandaise de 35 m, en escale jusqu’à vendredi devant le Rosmeur.
République dominicaine, rhum, café et cacao
Parti il y a six jours de Hollande, le « cargo à voiles » effectue son 5e tour de l’Atlantique. Cette fois, plus de 400 litres de vin ont été embarqués à Douarnenez, avant de l’huile d’olive à Lisbonne, bientôt du vin à Madère, plus tard du rhum assemblé, des fèves de cacao et du café en République dominicaine : avant un retour en Europe en mai, le commerce va suivre les vents dominants. Les quatorze membres d’équipage passeront Noël aux Antilles.

Comptant à ce jour une quinzaine d’affrètements, l’entreprise de Guillaume Le Grand a commencé à travailler avec le Tres Hombres, avant six autres voiliers, dont le Leenan Head, zulu de 24 m, en septembre, pour du cabotage entre Brest, Arradon, Nantes, puis Lorient : à bord, pain d’épices, conserves de poisson (Chancerelle !), bouteilles de vin d’Anjou ou encore sel du Pays de Retz.
Pays Bas et transport à la voile%%Outre la création « ex nihilo » d’un label de transport de marchandise à la voile, l’entreprise Towt de Guillaume Le Grand en assure la traçabilité de ses produits. Un simple clic sur son site internet et l’on peut connaître la route que son transporteur a empruntée, les milles parcourus à la voile, le bateau et le journal de bord.
Utopie farfelue, ce mode de transport à la voile ? Réponse du jeune chef d’entreprise : des projets de cargo à voile pourraient voir le jour dans les années qui viennent, « alors même que notre société mortifère est en train de vivre la fin de l’énergie illimitée et gratuite ». Il est question « d’un consortium breton » mais, en Hollande, une fondation travaille déjà actuellement, et de façon très sérieuse, à la construction d’un éco-liner de 130 m de long et d’un volume de 8 000 tonnes…
Gaël HAUTEMULLE.
Renseignements sur le site internet (www.towt.eu). Ou auprès de Guillaume Le Grand, son fondateur (info@owt.eu).
Il n’y a pas que la seule force du vent à bord. Car, la manutention est exclusivement humaine ! Il a fallu une petite heure à une dizaine de matelots, pour charger les barriques du paysan-vigneron Olivier Cousin.